Une pile de denim selvedgeVous aurez sans doute rencontré ce terme en arpentant le monde du denim : selvedge (ou encore selfedge, selvage). Pourquoi en fait-on tout un plat ? Et pourquoi les amateurs de denim attachent-ils une attention si particulière à ce type de denim ?

Commençons par le commencement. ‘The selvedge‘ peut se traduire par ‘la lisière‘ bord longitudinal d’une étoffe tissée, fini de manière à éviter tout effilochage, souvent d’une armure différente du reste du tissu.

Une distinction doit être faite clairement entre le ‘selvedge denim‘, différent du ‘raw denim‘ (denim brut). Beaucoup de personnes confondent les deux, et pensent que globalement il s’agit de la même chose, alors qu’il y a une grande différence. Le raw denim fait référence au délavage (en fait à l’absence de délavage), tandis que le selvedge denim fait référence au type de lisière. La plupart des denim bruts sont des toiles ‘selvedge’, mais tous les denim selvedge ne sont pas bruts. Visuellement, voilà ce que cela donne :

Comparatif denim selvedge et non

Voyez-vous la différence ? Les bords du denim non-selvedge ne sont pas terminés proprement, sont surpiqués,et peuvent donc facilement s’effilocher. Par contre sur le denim selvage, les bords sont nets (ndt : le fil de trame étant bouclé et repartant dans le sens transversal, plutôt qu’étant coupé), diminuant la probabilité que la lisière s’effile.

Il est important de garder à l’esprit que le denim selvedge devient de plus en plus populaire, et qu’il n’est alors pas toujours synonyme de qualité, ni ne justifie en lui-même un prix affiché plus élevé. Vous devez vérifier les autres caractéristiques du denim (par exemple : est il brut ? sanforisé ? quel est son poids ?).

L’histoire du denim selvedge est assez intéressante en soi, et est née avec les vieux métiers à tisser élaborés fin 19ème. Ils étaient capables de tisser un denim lourd et au tissage très serré, dans de grandes longueurs mais avec une faible largeur. En fait le denim était si étroit que dans le but de maximiser son utilisation, les fabricants prirent le partie de tisser la toile sur toute la largeur, y compris les bords. La lisière pouvait se réaliser en différentes couleurs (le rouge étant la plus courante), une pratique suivie par la plupart des fabriques pour différencier leurs productions.

La vidéo suivante montre un métier à tisser traditionnel en fonction chez Momotaro Jeans :

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Métier à navette traditionnel japonais
Métier à navette traditionnel japonais (shuttle loom)

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Toutefois, les fabricants de jeans (comme Levi’s ou Lee), afin de satisfaire la demande croissante de denim dans les années 50, passèrent au métier à tisser à projectile – une machine capable de produire un sergé plus large et à moindre coût – proposant ainsi au consommateur final des paires de jeans moins chères mais de moindre qualité.

(Note perso : le métier à tisser traditionnel à navette – shuttle loom – déroule le fil de trame dans la largeur grâce à cette navette, en effectuant des va-et-vient d’une lisière/bord à l’autre, sans rompre le fil)

Source : article librement traduit du post de Nick avec son aimable autorisation. Retrouvez l’original ici.
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