En 2006 disais-je donc, l’Ademe a réalisé une analyse du cycle de vie d’un jean, « depuis l’extraction des matières premières, en passant par la fabrication, les transports, l’utilisation, et jusqu’au traitement final des déchets », pour dessiner l’éco-profil du denim et évaluer son impact environnemental.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le jean n’est pas écologiquement à la hauteur de son image. Il faut bien avouer que l’inconscient collectif place le denim dans la partie sympatico-écologique de notre cerveau, avec un classement tendance naturel, cool-attitude, jeunesse éternelle et peace and love.

Mais l’Ademe a des gros sabots, et nous foule les idées préconçues à grands renforts de constatations scientifiques et affligeantes sur l’impact franchement négatif du cycle de vie des jeans sur l’environnement.

Sachez que vous ne pourrez même pas vous réfugier derrière un « c’est la faute aux multi-nationales » pour déculpabiliser, car selon cette étude, la moitié des impacts environnementaux sont dus aux comportements d’utilisation et à la fin de vie du pantalon, dont vous endossez l’entière responsabilité. L’autre moitié des impacts, générée aux étapes de production du jean, peut en outre être influencée par nos comportements d’achat…

Je vous invite bien entendu à lire cette désagréable étude, mais en résumé, il faut savoir que les conséquences les plus néfastes proviennent de :

la culture du coton : dans sa version traditionnelle et quasi-généralisée, elle est extrêmement polluante (engrais, pesticides, défoliants) et consommatrice d’eau (irrigation). Le bon comportement consiste donc à choisir des jeans fabriqués à partir de coton ‘bio’.

le mode et la fréquence de nettoyage des jeans : la consommation d’énergie liée au lavage, au séchage, au repassage, plus encore au nettoyage à sec (ainsi que la pollution générée par ce nettoyage à sec). Le bon comportement, c’est de ne laver son jean qu’après 5 utilisations au minimum, de ne le laver qu’à eau froide. Pas de sèche-linge, pas de repassage.

Bon, vous me direz, ce n’est pas spécifique au jean ??? Et je vous répondrais c’est vrai. Donc pas de culpabilité particulière pour les afficionados du denim. On dira que d’une manière générale, préférez des vêtements de coton ‘bio’, et espacez les lavages autant que possible. Les jeans s’accommodent toutefois particulièrement d’une absence de séchage et de repassage.

A noter que l’Ademe recommande également une autre action : « Je choisis un pantalon produit dans un pays où le traitement des eaux est obligatoire ». Et j’ajouterai : « et là, si j’y arrive, je suis franchement balèze, ou le vendeur est tip-top informé ».

Le cycle de vie d'un jean et ses conséquences environnementales

NB : dans le schéma ci-dessus, les impacts sur l’environnement sont proportionnels au diamètre des cercles.

Sur le site de l’Ademe, un simulateur vous permet de calculer les conséquences environnementales de vos choix. C’est ici.

sources : l’AdemeAssociation Max Havelaar France

Boutiques en ligne spécialisées commercialisant des jeans en coton ‘bio’ : Ideo Machja

Quelques jeans en coton ‘bio’ :
'Janine' de Nu Jeans  
Nu Jeans ‘Janine’  
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